La colère est-elle l’antithèse du bonheur ?

Article rédigé par Ma B-A, le

La colère a souvent mauvaise presse. On dit d’elle qu’elle est l’un des sept péchés capitaux, qu’elle est la conséquence de la haine ou l’emportement selon lequel on ajoute du mal au mal. Les grands philosophes Aristote, Spinoza et Sénèque ont étudié la question, parfois pour en établir tout un traité, mais toujours dans le but de la combattre. La colère serait-elle un blocage sur le chemin du bonheur ?


La colère

Selon Les théories spinozistes, il s’agit « ni de rire, ni de pleurer, mais de comprendre ». Lorsqu’on se fache, qu’on se met en colère, cela sous-entend que l’on ne maitrise pas ses émotions et qu’on se ferme délibérément au dialogue. Ainsi, lorsqu’une mère se fâche et que son enfant tente de s’expliquer, elle aura recours à la phrase implacable « il n’y a pas de mais qui tienne ! »

Dans ces moments de colère, lorsqu’on se met « hors de soi », qu’on « sort de ses gonds », nous ne sommes plus vraiment maitres de nous-même.


Colère et autorité contre naïveté de l’enfance ?

La voie de la sagesse consisterait à avoir suffisamment de self contrôle pour éviter cet état de quasi-décorporation qui nous rend hirsute et incontrôlable. Ainsi, nous aurions la faculté d’entendre les arguments, les « mais » du petit garçon de l’exemple ci-dessus, et de se dire que finalement, parfois, les enfants sont souvent plus proches de la réalité que le sont les adultes.

C’est aussi le constat qu’écrit Tomi Ungerer, auteur et dessinateur Strasbourgeois de livres pour enfants. Il explique que même les enfants devraient surmonter parfois l’autorité de leurs parents pour pouvoir exprimer leur opinion naïve et justement pleine de sens.


Ne jamais se mettre en colère ?

La vision des philosophes restreint la colère à une conséquence de la haine qui elle-même est une conséquence de la tristesse et se résumerait à un sentiment fâcheux à éviter si l’on souhaite atteindre la sagesse. Pour eux, en résumé, la colère ne servirait à rien. Rien de bon en tout cas.

Cependant, qui ne s’est jamais senti puissant en haussant le ton ? Qui n’a jamais éprouvé de soulagement après avoir piqué une petite crise de nerf ? Après avoir hurlé et vidé toute la pression accumulée ?

Ici, il n’est plus question de justice ou d’injustice, mais d’une certaine forme d’affirmation de soi. Oser dire non, se rebeller, quitte à élever sévèrement la voix. On parle parfois de « saine colère » : celle qui détend, qui fait du bien, comme une soupape de sécurité libératrice.

Sans colère, nous ne connaîtrions pas les joies de la réconciliation !

Pour conclure, Tomi Ungerer écrit : « Chacun dispose de facultés, de talents, de capacités qui sont nécessaires au fonctionnement de la société (...) nous devons nous rendre utiles (...) Tout peut servir, même un sourire ou un bon coup de colère ! »



Source

  • Philosophie magazine n°75 : décembre 2013 - janvier 2014




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